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Le changement climatique : un moteur important de la migration au Niger, révèle une étude de l'OIM

Le changement climatique : un moteur important de la migration au Niger, révèle une étude de l'OIM. Photo : OIM

Niamey, Niger – Une étude menée par l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) dans six régions du Niger révèle des modèles de mobilité humaine liés au changement climatique.

Cette étude, la première réalisée dans le Sahel, répond au manque de données sur l'impact du changement climatique et de la dégradation de l'environnement sur les schémas de mobilité humaine au Niger. Elle confirme également les préoccupations soulevées par la Banque mondiale dans son récent rapport sur les migrations climatiques internes publié la semaine dernière. Selon ce rapport, le Niger est le pays d'Afrique de l'Ouest qui devrait compter le plus grand nombre de migrants climatiques internes d'ici 2050, si aucune mesure n'est prise.

L'étude analyse l'impact de l'environnement sur les migrations internes et transfrontalières et la composition démographique de ces mouvements. L'étude montre également l'importance des pratiques indigènes de résilience liées aux techniques d'agriculture et d'élevage.

Les enquêteurs ont interrogé plus de 350 ménages ruraux dans les régions ciblées et 147 migrants internes qui ont quitté les différentes régions pour Niamey, de façon permanente ou saisonnière.

Selon les personnes interrogées, la hausse des températures (75,5 pour cent), les sécheresses (63,9 pour cent) et les vents violents (34,6 pour cent) sont les événements climatiques qui illustrent le plus la réalité du changement climatique au Niger.

Plus de 67 pour cent des personnes interrogées pensent que la migration est une réponse appropriée au changement climatique. Plus de la moitié ont déclaré qu'un membre de leur famille avait été contraint de quitter son lieu d'origine à la recherche d'opportunités économiques parce que le changement climatique (sécheresses, inondations, feux de friches, précipitations irrégulières et désertification) avait affecté leurs moyens de subsistance.

"Dans le passé, on pouvait voir les avantages de l'agriculture. Les jeunes ne quittaient pas le village. La nourriture ne manquait pas, quelle que soit la saison de l'année", déclare Abdoullahy, le chef du village de Gao, dans le sud du Niger. Au fil des ans, la dynamique a changé dans le village ; "rester n'est pas une solution ; partir est une incertitude", ajoute-t-il. 

"85 pour cent de la population du Niger dépendent de l'environnement pour leur subsistance. Malheureusement, les chocs environnementaux et climatiques tels que les sécheresses, les inondations, les incendies de forêt, les précipitations irrégulières et la désertification s'intensifient et ont un impact sur les moyens de subsistance des communautés. Cela pousse un davantage de personnes à quitter leur foyer ", déclare Barbara Rijks, Cheffe de mission de l'OIM au Niger.

Plus de 87 pour cent des migrants internes interrogés à Niamey ont déclaré que le changement climatique avait joué un rôle essentiel dans leur migration, et plus de 45 pour cent des personnes interrogées souhaiteraient rentrer chez elles si elles avaient la possibilité de développer des activités socio-économiques.

Le 21 octobre, l'OIM Niger a organisé un atelier pour discuter et partager les résultats avec le ministère de l’Environnement du Niger avant la 26è Conférence des Parties (COP) des Nations Unies sur le changement climatique qui a débuté à Glasgow le 31 octobre. L'atelier a également réuni des représentants d'organisations de la société civile, des chercheurs et des représentants gouvernementaux du Burkina Faso, du Tchad et du Mali, car ces pays sont confrontés à des défis similaires à ceux du Niger.  

Les résultats et les recommandations de l'étude serviront non seulement de base à l'élaboration de politiques publiques durables et inclusives, mais aussi à la mise au point de solutions fondées sur la nature qui augmentent la résilience des communautés et des ménages de migrants.

L'étude et l'atelier ont été financés par le Fonds de développement de l'OIM.
 

Pour plus d'informations, veuillez contacter Aïssatou Sy à l'OIM Niger, aisy@iom.int.

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