Panser les plaies invisibles : l’OIM, la CRF et le CRM se mobilisent pour apporter soins médicaux et psychologiques d’urgence aux Migrants en Mauritanie

Published Date: 
Sat, 10/09/2021 - 20:00

Survivre à une traversée sur l’océan Atlantique au cours d’un voyage désespéré vers l’Europe peut laisser de nombreuses séquelles chez les migrants : asthénie, déshydrations, déficit alimentaire, affections cutanées, troubles digestifs, infections urinaires, etc. Mais pour beaucoup, certains troubles seront invisibles et pourtant graves et parfois permanents, affectant la vie de tous les jours et les relations aux autres. Ils sont d’ordre psychologique ou psychiatrique et sont rarement traités. C’est pour répondre à ce besoin de soins particuliers que les agences humanitaires mobilisent les autorités de Mauritanie.  

Depuis octobre 2020, les migrants vivant dans les villes de Nouakchott et de Nouadhibou peuvent bénéficier d’une assistance et d’une prise en charge psychosociale adaptée en fonction de leurs besoins.  

Un mécanisme de triage médical d’urgence, financé par un projet de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) avec des fonds de l’Union européenne et mis en œuvre par la Croix-Rouge française et le Croissant-Rouge mauritanien, permet d’apporter les soins médicaux et psychologiques d’urgence et d’organiser des référencements vers les hôpitaux pour les cas graves. A ce jour, ce mécanisme a fourni des premiers secours psychologiques à 1256 personnes. 

« L’objectif du soutien apporté est d’institutionaliser les premiers secours psychologiques au même titre que les psychiques, et de développer des normes minimales de traitement pour les migrants dans le domaine de la santé mentale, en reconnaissant qu’un nombre important de survivants sont traumatisés par leurs expériences, et que les cicatrices psychologiques prennent souvent beaucoup plus de temps à guérir que les cicatrices physiques », déclare Laura Sisniega, chargée de protection à l’OIM Mauritanie. 

Egalement, deux espaces d'écoute ont été mis en place à Nouakchott et à Nouadhibou où des entretiens individuels sont proposés aux enfants et aux adultes. Au cours de ces échanges, les migrants sont informés sur le type d’assistance qu’ils peuvent recevoir et sont entretenus sur leurs situations de vie et leurs attentes. Une fois rassurés, certains racontent leur parcours migratoire et les traumatismes émotionnels et physiques qu’ils ont subis. 

« Après chaque rencontre avec un agent psychosocial, une évaluation est réalisée pour identifier toute amélioration de la santé mentale du migrant », explique Laura Carrillo, référente de santé mentale et soutien psychosocial à la Croix-Rouge française en Mauritanie. « Des visites à domicile sont également effectuées pour sensibiliser les membres de la famille dans les cas les plus sensibles, comme les violences sexuelles, sur l’importance d’appuyer les survivantes et de ne jamais les juger ».  

Dans le même sens, des groupes de parole à Nouadhibou et à Nouakchott sont organisés pour permettre aux participants de partager leurs préoccupations et d'écouter ceux qui vivent des situations similaires. Se retrouver en présence de personnes qui partagent le même vécu aide les participants à s'exprimer, mais aussi à se sentir moins seuls face à des difficultés qui sembleront moins insurmontables. 

Depuis novembre 2020, 172 personnes ont été entretenues dont 102 hommes et 70 femmes, parmi lesquels 52 enfants à Nouakchott et 104 personnes ont été reçues dont 91 hommes et 13 femmes, parmi lesquels 10 enfants à Nouadhibou. 3 personnes souffrant de troubles mentaux sévères ont été référées vers le Centre Neuropsychiatrique de Nouakchott ou vers un psychiatre reconnu.  

Le statut administratif des personnes ayant besoin d’une assistance psychosociale n’est pas contrôlé, qu’ils soient migrants ou membres de la population d’accueil. Les soins et le soutien sont fournis en fonction des besoins et de l’état de santé ou de détresse de la personne.  

Cette collaboration et l’assistance psychosociale aux migrants et aux Mauritaniens est possible grâce au financement de l’Union européenne à travers le projet « Appui à la société civile et aux acteurs institutionnels dans le domaine de la protection des migrants et des droits humains en Mauritanie ». 

Pour plus d’informations, veuillez contacter Laura Sisniega du Bureau de l’OIM en Mauritanie, email : lsisniega@iom.int, tél : +222 28 88 89 32.