Tchad, 4 septembre 2023 - Assis sur une chaise de raphia dans sa maison située à Atrone, quartier périphérique de la capitale tchadienne, Cheick, 36 ans, réfléchit à son avenir.

En début 2017, sa vie est chamboulée lorsqu’il perd son emploi dans un ONG, sa seule source de revenus qui lui permettait de s’occuper de lui et de ses deux enfants. Désemparé, Cheikh décide de tout abandonner et de quitter le Tchad en quête d’une vie meilleure.

« Après avoir perdu mon travail, j’ai décidé de partir de l’autre côté pour gagner de l’argent et subvenir à mes besoins ainsi que ceux de ma famille », dit-il.

Comme beaucoup de jeunes tchadiens de sa génération, Cheikh rêvait d’aller en Europe. Par manque d’informations, il décide de prendre la route du désert qui le mènera en Algérie. Mais là-bas, son rêve est brisé par une réalité toute autre.

« Je n’avais pas mes papiers à jour lorsque je suis arrivé à Alger », se souvient-il. « En plus, j’ai remarqué qu’il y’avait trop de risques sur la route, donc j’ai préféré rester en Algérie », ajoute-t-il.

A Alger, Cheick travaille comme assistant électricien pendant trois années. Cependant, malgré qu’il eût un gagne-pain, il vivait dans la peur et l’angoisse. « Même si je gagnais quelque chose en Algérie, les charges et la peur de me faire attraper étaient insupportables ».

C’est ainsi que Saleh prend son courage et décide de retourner dans son pays natal.

Avec l’aide de l’OIM, Saleh a pu regagner le Tchad dans le cadre du programme d’aide au retour volontaire de migrants vulnérables. A N’Djamena, il est soulagé.

« J’étais très content de retrouver ma maman, ma femme et mes filles et je sentais aussi une joie profonde en eux de me retrouver », se souvient-il.

Six mois après son retour, Saleh a bénéficié d’une aide à la réintégration afin de lui permettre de reconstruire sa vie. « Je souhaitais être un entrepreneur créatif donc les équipements sonores et technologiques que j’ai reçus m’ont aidé. J’étais sollicité dans plusieurs endroits pour faire des animations, et même des séances de sensibilisation pour les migrations sûres ».

Malheureusement, avec son succès, Saleh tombe victime d’une usure qui lui fait perdre son capital. « Je suis parti en voyage et j’ai confié mon entreprise à mes jeunes frères qui n’ont pas bien géré, ce qui a fait tomber mon business ».

Dans son atelier au quartier Atrone à N’Djamena, Cheikh exerce le métier de couturier après son retour « d’aventure »

Malgré cette adversité, Saleh est resté fort et déterminé à réussir. Armé de courage, il décide de vendre les équipements qui lui restaient pour acheter des machines à coudre afin de se reconvertir dans la couture, un secteur florissant dans son quartier.

« Plus jeune, j’ai appris la couture mais je n’ai pas voulu faire de ça mon gagne-pain car être interprète rapportait mieux mais aujourd’hui c’est différent. La couture marche bien et je gagne ma vie confortablement ».

Aujourd’hui, malgré les difficultés du travail, Saleh reste optimiste et fier de son travail.

« Même si les conditions ne sont pas parfaites maintenant, je suis marié et j’ai des enfants dont je dois m’occuper alors je dois travailler pour répondre à leurs besoins et je sais qu’avec le temps je vais m’en sortir », dit-il

Père de deux enfants, Cheikh a tout laissé tomber en 2017 pour tenter de gagner une vie meilleure. De retour au Tchad, il rebâtit sa vie progressivement.

Saleh ambitionne agrandir son atelier de couture en achetant les grands matériels à l’extérieur et recruter plusieurs personnes car il rêve avoir un grand atelier comme il a vu ailleurs. Dans le cadre du programme d'Aide au Retour Volontaire et à la Réintégration de l’Initiative conjointe UE-OIM pour la protection et la réintégration, l’OIM Tchad a soutenu plus de 2 800 tchadiens depuis 2017 dans la réalisation de leurs plans de réintégration socioéconomique.

Cette histoire a été rédigée par TANNONE Adeline.

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