Je m’appelle Abubakar Kassim et j’ai 26 ans.

Avant de quitter le Ghana, j’ai travaillé comme apprenti électricien et comme professeur d’arabe bénévole.

L’année 2015 a été difficile pour moi. Je n’ai pas réussi à trouver un emploi stable pour subvenir aux besoins de ma famille.

J’avais entendu de nombreuses histoires de personnes qui avaient voyagé vers l’Europe en passant par la Méditerranée et qui avaient réussi, alors j’ai décidé de tenter ma chance. J’étais convaincu d’y parvenir, car je parlais arabe et je pensais que cela me faciliterait la tâche pour passer par la Libye.

Sans en informer personne, je me suis rendu en Libye avec l’intention de continuer vers l’Europe. J’ai travaillé en Libye pendant neuf mois pour pouvoir payer les passeurs qui me feraient traverser irrégulièrement la Méditerranée jusqu’en Italie. Après de nombreuses tentatives, j’ai réussi.

C’est un voyage très dangereux, et je ne conseillerais à personne de le faire. Beaucoup de gens sont morts ; je m’estime heureux d’être en vie aujourd’hui.

Photo : OIM Ghana/David Darko

En Italie, j’ai passé deux ans dans un camp de réfugiés sans avoir la possibilité de travailler et d’envoyer de l’argent au pays. J’ai été frustré et j’ai pris un train pour la Suisse dans l’espoir d’une meilleure situation.

Les choses ont empiré pour moi là-bas, car j’étais sans abri et j’avais du mal à trouver de quoi manger.

Un jour, alors que je dormais dehors, un bon samaritain m’a dirigé vers un camp suisse, je crois que c’était Caritas. Il m’a dit que je trouverais de l’aide là-bas. Au camp, on nous a fourni de la nourriture et un abri. L’un des conseillers du camp m’a présenté l’OIM et après la séance de conseil, j’ai été convaincu de rentrer chez moi volontairement.

Maintenant que je suis de retour chez moi, je dois dire que les choses vont beaucoup mieux. Avec le soutien de l’OIM, j’ai pu acquérir un terrain de quatre acres que j’utilise pour cultiver du maïs, et j’ai maintenant un tricycle et une moto. Tout cela n’est pas tombé du ciel, j’ai travaillé très dur.

Photo : OIM Ghana/David Darko

Aujourd’hui, je suis fier de pouvoir payer mes factures et même les frais de scolarité de mon petit frère.

Cela n’aurait pas été possible sans l’aide de l’OIM en Suisse et au Ghana. Le personnel au Ghana m’a particulièrement aidé en me donnant des conseils sur la gestion de mon entreprise.

Je suis heureux d’avoir pris la décision de rentrer.

Mon conseil aux jeunes est que vous pouvez réussir ici si vous travaillez dur. Mais si vous devez migrer, faites-le par la voie régulière ».

Le retour de Kasim a été rendu possible grâce au programme AVRR (aide au retour volontaire et à la réintégration) de l’OIM Suisse.

SDG 8 - TRAVAIL DÉCENT ET CROISSANCE ÉCONOMIQUE